Ils ont écrit …

Laura Le Corre

Expressionnisme et poésie

À l’occasion de cette nouvelle exposition à l’Espace Culturel Christiane Peugeot, j’ai choisi de réunir Noël ROCH et Florence LEMIEGRE, certes des artistes différents mais qui, chacun à leur manière, avec une même distance et légèreté mais aussi ce sens profond de la mise en scène, font revenir en nous ces questions qui nous hantent en secret.

Ces deux artistes sont portés par une même exaltation, au détriment de la construction rationnelle, par cette même tendance à détruire les repères et les points stables dans un même rejet des codes et des conventions.

« Un expressionnisme toujours vivant, puisqu’il continue d’inspirer les arts picturaux et cinématographiques, et actuel du fait que les questions de modernité se posent encore aujourd’hui. »

Un petit mot…

Là aussi, une rencontre… Florence m’accueille dans sa caverne d’Ali Baba où s’ouvre à moi l’’énigme dont sont porteuses ses œuvres, qui s’imposent comme une présence étrange ! 

Une multitude de sculptures surgissent comme des provocations amusées aux allures de fête presque, baroque. Face à elles nous ne pouvons plus douter du fait que la présence du rêve est concomitante à la mise en scène de l’incongru.

Laura le Corre, commissaire d’exposition. ARKaval-UPART Union des Professionnels de l’Art Paris. From the catalog – “Expressionism and poetry” Noël Roch / Florence Lemiegre

Extrait du catalogue – “Expressionnisme et poésie” Noël Roch / Florence Lemiegre

Paris, le 26 janvier 2017


Isabelle Floc’h

« Corps et âmes »

La Ralentie présente sa première exposition honorant le travail des trois lauréates 2013 du concours qui avait pour thème « Corps et âmes ». Trois artistes aux univers forts et inspirés, trois femmes qui au travers d’univers très différents expriment l’érotisme, la sensualité de manière inédite.

Miniatures terrestres, habitantes tranquilles et fantaisistes sculptées par le feu, Florence Lemiegre, grâce au Raku, donne corps à une peuplade de « girls » dont les humeurs et les états intérieurs inspirent les postures. La grâce de « Naissance des sens » a, par exemple, frappé les visiteurs en quantité surprenante, eu égard à la taille discrète de la sculpture. C’est là le signe qui ne trompe pas : on s’arrête, en effet, aux prises avec un sentiment mêlé de reconnaissance, d’attirance et de discrète dangerosité qui émane du couple enlacé. Les corps blancs, subtilement veinés de gris, au premier regard s’enlacent amoureusement. Mais si l’on tourne autour, à mieux regarder, on les dirait comme ligotés par leurs membres l’un à l’autre; la veinure, justement, accentuant la torsion quasi serpentine de leur emboîtement. Alors la grâce devient vaguement vénéneuse, et l’innocence sensuelle se matîne d’un érotisme âpre, captivant. Les sens ont une emprise, et c’est tout l’art de la sculpteur de nous le suggérer avec talent.

Isabelle Floc’h, galeriste. Galerie La Ralentie – Art & Pensée.

Extrait du catalogue « Corps et âmes », Christine Coste / Daphné Gentit / Florence Lemiegre

Paris, 10 septembre 2014


André- Pierre ARNAL

Terre compacte

Sur la terre compacte, l’artiste pose ses pieds dans son temps et dans son espace de vie. Entre ses mains savantes, il œuvre et modèle ses rêves et leur donne une forme qui deviendra, espère-t-il, style.

Mais l’écrivain n’a besoin que de l’encre fluide et ductile pour tâtonner des feuilles et des feuilles blanches.

Le peintre sur toile ou papier n’a besoin que de quelques couleurs pour faire naître des images qui fascineront des générations de regards.

Le céramiste ou le sculpteur s’adressera à la terre même (la terre mère ! ) pour dresser une forme en trois dimensions et montrer au monde une figure surprenante.

Dans sa présentation initiale, Florence Lemiegre parle de « temps nouveaux et d’espaces vierges ». Ce qui révèle un aspect prophétique et étonnant dans cette œuvre mûrie depuis longtemps.

Elle stipule que son travail se compose de trois domaines, sensiblement différents qu’elle nomme les « Pavés » , les « Têtes de la décennie des O » et les « Culbutos ».

Les Pavés présentent une multitude de thèmes différents, issus d’une fantaisie du compte rendu du foisonnement de la vie sociale, de la vie en général. Les titres sont éloquents.

Les Têtes et surtout les cris m’intéressent. Ce sont des visages de douleur, de torture, de désespoir. Elles disent sobrement et à  la fois réalistement la condition humaine depuis, comme on dit, la nuit des temps, ces temps où l’homme primitif, « premier », a commencé son chemin vers l’accès à l’humanité.

Ces bouches ouvertes sous l’effet de la peur, de la douleur, de l’angoisse et surtout des bouches de femmes donnant la naissance à un être nouveau comme, également, dans l’extase de la jouissance, sont un témoignage anthropologique tout à fait saisissant.

Sans parler des références à l’histoire de la peinture on peut parler d’un exemple singulier du photographe Erwin Blumenfeld qui en 1952, à New York a publié une œuvre intitulée « o ».   

S’inspirant du sonnet des voyelles de Rimbaud, Blumenfeld eut l’idée de lui consacrer une série de photographies, et prit une assistante comme modèle. Ce thème lui permit de s’attacher à l’élément érotique  et à la douleur. Ces lèvres sont plus que l’organe d’où s’échappent la parole et le cri : elles se confondent avec le son qu’elles profèrent.

Les Culbutos sont des formes abstraites d’une grande économie et d’une pureté formelle bien davantage que le nom qui les caractérise le suggère. Cet accouplement entre stabilité et instabilité peut traduire, quasi philosophiquement, la condition ontologique de l’âme humaine.

Florence Lemiegre évoque le sens populaire du Culbuto qui en serait « une personne qui se relève toujours malgré les coups qui lui sont portés ». En effet ce pourrait être aussi l’art de l’esquive du boxeur !

Mais ce qui est aussi extraordinaire ce sont les réseaux de lignes aléatoires qui couvrent leur surface, évoquant celles du cerveau humain.

Dernier clin d’œil à cette œuvre abondante à « Perdue dans la forêt blanche » comme symbole des émotions humaines. 

André-Pierre Arnal, peintre et membre fondateur du mouvement artistique Support/surface.

Paris le 7 mai 2014


Ronan-Jim Sévellec

Florence Lemiegre sème, à la gribouillette, élégance, ferveur, humour et tendresse…

Il serait erroné de tenir les « Pavés » qui portent les œuvres de Florence pour ces socles dont il est commun d’équiper certains objets à seule fin de les maintenir érigés. Ces Pavés entretiennent avec le sujet qu’ils lestent, qu’ils abritent ou supportent les vibrants échanges d’une ineffable intimité.

Nonobstant leur apparente inertie, ils sont partie prenante et agissante, ô combien de l’œuvre. Ils en sont la genèse, la chrysalide, comme une concrétion placentaire dont le sujet ne saurait, pas plus qu’il ne souhaiterait se défaire. Pareils de nature, ils se sustentent des mêmes sucs et nous leur devons une égale attention. C’est cet « ancrage » qui donne son poids aux attitudes des acteurs et confère le sérieux à leurs intentions.

D’autres œuvres de Florence, dépourvues de ces pavés-socles, peuvent donner à penser qu’elles en sont amputées. Est-ce par hasard qu’une série d’entre elles a pour thème le « cri » qui peut exprimer la douleur ou, dans la volupté, l’évasion ?

Il en va cependant, tout autrement d’une série, qui empruntant aux formes des totons ou des akènes et s‘éloignant ainsi de toutes assimilations anthropomorphes, s’est libérée de ce qui n’aurait plus été pour elle qu’une contrainte.

Avec une apparente légèreté, Florence sème, à la gribouillette, élégance, ferveur, humour et tendresse comme d’aucuns s’aiment d’amour.

Ronan-Jim Sévellec, artiste plasticien et sculpteur.

Chaville, le 23 janvier  2014


Odile Van Bay

Deux artistes, deux univers…

La galerie Médiart réunit les céramiques de Florence Lemiegre pour sa première exposition en galerie avec celles de Marie-Laure Levitan. 

Les deux céramistes pratiquent la même technique de cuisson, le Raku avec des univers totalement différents. Florence Lemiegre nous émeut avec la forte expressivité de ses « Têtes de la décennie des O » et Marie-Laure Levitan nous restitue la mémoire d’un monde minéral entrevu lors d’un lointain séjour en Grèce.

Florence Lemiegre

Vit et travaille à Paris. Elle a acquis une solide formation artistique : Maîtrise d’Arts plastiques et Sciences des Arts à la Sorbonne Paris I, diplôme des Arts décoratifs en design industriel, complétée par une année d’études aux U.S.A. Elle rentre dans le milieu de la publicité comme graphiste,  actuellement elle est directrice artistique dans la communication. 

Parallèlement elle a toujours exploré la terre. Son expérience en Arts Plastiques l’a conduite à faire des esquisses avant toute projection en trois dimensions. La technique du raku s’est imposée comme une évidence par son côté aléatoire et sa part laissée à l’imprévu, incitation au « lâcher prise ». Des formes surgissent de son moi profond et souvent la surprennent. Elle dit « qu’elles sont sa  part noire ». Elles révèlent les empreintes de sa souffrance.

Il se dégage de ses « Têtes » une forte présence malgré  leurs petites dimensions, certaines ne dépassant pas les dix centimètres. Elles portent toutes un nom se terminant par la lettre O, Mateo, Olivio, Paolo… Il faut peut-être y voir une relation avec la forme que prend la bouche dans un cri d’effroi, comme l’exprime le  personnage du célèbre tableau de Munch « le cri ». 

La palette des couleurs de l’émail révélée par cette technique de cuisson donne une dimension au temps. 

Toute cet univers des Têtes nous surprend et nous interpelle. Elles semblent rescaper de fouilles archéologiques et certaine avec  leur faciès au nez busqué et aux pommettes accusées, semble inspirer par les peuples méso-américains (inca, aztèque).

Odile Van Bay, galeriste. Galerie Médiard, communiqué de Presse

Paris, le 26 mai 2010


Dominique Alavoine

Florence Lemiegre et ses sculptures en raku

Il était une fois, des « Pavés » des « Culbutos » et des jeux d’O…

Quand on entre dans l’univers de Florence Lemiegre, ce qui frappe en premier, c’est sa volonté de jouer avec sa psyché.

Toutes ses œuvres vous tendent un miroir où se reflète l’histoire d’une vie riche de questions essentielles, en phase avec son être intérieur…

Interrogez ses sculptures et vous y trouverez vos propres réponses.

Fragrance du souvenir débusqué au détour d’un fragment de mémoire, parfum d’enfance exhalé d’entre  les plis d’une broderie de terre finement ciselée, instant du mystère inscrit dans l’argile et bu à la source des rêves.

Corps délivrés, étreintes fulgurantes  et cris libérateurs… 

Entre les Pavés de Flot s’étale la plage murmurante d’une terre promise à toutes les conquêtes psychiques, à toutes  les gestations  créatives, à toutes les métaphores ludiques et poétiques, élaborées dans un mélange de matières organiques, végétales et autres objets symboliques, extirpés de boites à secrets, glanés au grès des humeurs et des découvertes de l’artiste.

Par les mots soigneusement choisis des titres de ses œuvres, Florence Lemiegre ajoute à l’émotion, mêlant ainsi la matière mentale à la matière minérale de ses sculptures. Telle se prolonge l’imprévisible empreinte du raku, ébauchant à travers le rayonnement de lignes enfumées,  le fil d’une mystérieuse écriture à déchiffrer sur les peaux d’argile des créations de cette artiste prodigue, diplômée de la Sorbonne en Arts Plastiques et Sciences des Arts ainsi que des Arts Décoratifs de Paris en design industriel, actuellement directrice artistique dans une agence de publicité.

Les thèmes déployés annoncent des “lâchers prises”, des luttes “résilientes”, des égarements joyeux sous des forêts de fleurs géantes, des méditations solitaires, des enlacements gracieux, des assoupissements paresseux sous des frondaisons insolites et des froissis de dentelles où de minuscules Alice, échappées toutes frémissantes d’un récit de Lewis Carol se perdent, se rencontrent, s’épanchent et se racontent, perchées sur des pavés de terre enfumée par la cuisson du raku que viennent visiter d’autres personnages émergeant des champs émotionnels d’un surmoi évolutif. 

Dévoilant le visible dans l’invisible, recherchant l’équilibre au cœur même du déséquilibre et multipliant le jeu des contraires.

L’artiste s’aventure hors des formes conventionnelles de la courbe des corps qui habitent ses « Pavés », libère ses repères entre les lignes graphiques de ses « Culbutos » au design épuré. Et la torsion des visages émaciés, torturés, ravagés de sa ” décennie des O ” où se révèlent les empreintes et les déchirures d’un couple hors du temps : Hime et Tono, confronté à la turbulence de son destin.

Trois thématiques… Trois quêtes…Trois suppliques, reliées entre elles par l’exploration de son monde intime, qui impactent le regard du spectateur en le projetant face à l’énigme de ses propres perceptions.

Dans sa conception même, l’art de la céramique symbolise les origines de la création. 

Les quatre éléments fondamentaux : l’eau, l’air, la terre et le feu s’y rejoignent dans une transmutation organique et créative. L’eau donne à la terre sa malléabilité, l’air  la sèche et le feu la revêt de son habit de lumière, lui conférant à la fois, sa force et sa fragilité.

Pour cette artiste d’origine Proustienne : « il ne faut jamais avoir peur d’aller trop loin car la vérité est au-delà ».

Aussi vous entraîne-t-elle dans son imaginaire qu’elle vous offre avec prodigalité et qui choisit comme mode d’expression la cuisson du raku, emblématique d’une très ancienne culture asiatique liée à la philosophie Zen dont la signification est : la jouissance du hasard.

Ainsi toute l’œuvre de Florence Lemiegre s’imprègne-t-elle de cette démarche aléatoire du bonheur et du hasard qui l’oblige au lâcher prise tant recherché, pour mieux y insérer les traces de sa propre histoire, que chacune de ses sculptures se charge de relier aux vestiges de ses explorations.

Source d’inspiration première, le Raku crée l’émotion par ses effets de contrastes dans une explosion jubilatoire des textures, des craquelures et des couleurs. 

Véritable acte chamanique, il transfigure la sensibilité de l’artiste, et par sa rencontre avec le feu, la révèle dans tout son magnétisme et toute sa profondeur.

Dominique Alavoine, artiste interprète.

Paris, le 30 janvier 2014


Bénédicte Magdeleine Vincent

Secrets intimes

Le Raku a la particularité d’allier les quatre éléments : la terre, l’air, le feu et l’eau. C’est peut-être pour cette raison qu’il offre une palette infinie et donne à la pièce son caractère unique. Le résultat peut parfois paraître surprenant mais il faut savoir l’accepter et découvrir son œuvre après un nettoyage minutieux. Lorsque l’on commence à travailler avec cette technique, le retour vers un émaillage traditionnel est quasi impossible et toujours décevant. Il manque l’adrénaline qui afflue à l’instant où les pièces sont sorties incandescentes du four pour être déposées dans la sciure de bois. Elles prennent vie à nouveau en s’enflammant à son contact. Puis vient le fameux nettoyage pour enlever la suie accumulée sur la pièce et la découverte. On ne peut pas se lasser d’un tel bonheur ! Il faut accepter le résultat et cela demande un certain lâcher-prise. Raku ne signifie-t-il pas « bonheur dans le hasard » ?

C’est sans aucun doute ce qui plait à Florence Lemiegre et à tous ceux que le Raku a conquis.

Il suffit de parcourir son travail pour en découvrir la force,  la beauté,  la majesté, la maîtrise technique et parfois aussi les secrets les plus intimes de l’artiste.  

Les trois univers sur lesquels travaille Florence peuvent paraître éloignées les unes des autres, elles sont cependant complémentaires : le tragique, l’ordre des formes et la puissance du rêve.

« Les Têtes de la décennie des O » nous rappellent que la vie peut être tragique. La souffrance qui se lit dans ces masques aux visages puissamment expressifs nous renvoie à des situations très personnelles, à des souffrances éprouvées à différents moments de nos vies. Ces masques sont un choc,  une expression de la violence,  de la douleur enfouie au plus profond de nos êtres. Ils nous interpellent tant par leurs couleurs violentes que par l’expression ravagée qu’ils ont et qui ne peuvent pas nous laisser indifférents. 

L’univers structuré,  rigoureux et plus technique des formes se trouve dans les « Culbutos ». Ils demandent une grande habileté technique et de la patience. Il faut les façonner doucement, calmement. 

Ils sont infinis dans leurs couleurs et leurs tailles. Beaux à contempler, le Culbuto oscille tel un pendule à la recherche d’un équilibre toujours un peu précaire. Un souffle de vent et le voilà prêt à repartir pour trouver une nouvelle assise. Sa couleur est magnifié grâce au raku et à l’utilisation des différentes méthodes à disposition : les glaçures, le raku nu ou l’enfumage. L’asymétrie des formes et le contraste de ces couleurs permettent de jouer et à ce jeu s’ajoute la sonorité cristalline propre aux Culbutos dès qu’ils sont en mouvement. 

La troisième thématique, celle des « Pavés » renvoie au monde des rêves. Ces œuvres nous entraînent dans l’imaginaire de Florence Lemiegre. Elle a toujours avec elle un crayon et des feuilles en vrac dans son sac qui lui permettent de coucher ses nombreuses idées sur le papier. Ses croquis lui permettent de préparer ses futures sculptures. Elle y associe toujours un titre souvent enchanteur   comme le début d’un conte.

Florence Lemiegre, telle une fée, nous fait entrer doucement dans son monde onirique. Nous nous laissons porter par ses histoires qui ne demandent qu’à devenir nôtres. Comment résister à son imagination débordante et à cette variété de contes dont nous pourrons à loisirs écrire et réécrire l’histoire au gré de nos humeurs. Ses sculptures et les noms qu’elle donne à ses œuvres nous invitent à des voyages lointains en nous-mêmes, vers le monde des rêves et de l’enfance. Comment résister à « L’endormie sous le Breloquier en fleur », à « Tranquille sous le Cocotier en fleur », à « L’ascension du haricot magique » et à tant d’autres ?

Les mouvements des personnages, leur fluidité, les couleurs choisies, tout en sobriété, permettent au spectateur de s’approprier l’histoire. En tournant autour du pavé, il entre dans les méandres du rêve et en cherche les clés. Il verra les personnages apparaître, se transformer, vivre et bouger au gré de la fantaisie de l’artiste, et de la sienne. 

Tantôt puissamment expressive, tantôt  empreinte de la sérénité qui nait de l’ordre géométrique, tantôt s’évadant vers les frontières du fantastique, l’œuvre de Florence Lemiegre laisse au hasard de la technique, qu’elle emploie magistralement, le soin de donner à ses créations cette part d’imprévu qui en fait le caractère unique.

Bénédicte Magdeleine Vincent, romancière.

Strasbourg le 28 février 2014


Jacqueline Fallavier

Aux confins d’une figuration exempte de tout passéisme et d’une inspiration plus brute, profonde, presque primitive, que souligne l’association fréquente de matériaux naturels et de techniques classiques comme celle du raku, (antique procédé coréen d’émaillage qu’elle réinterprète avec originalité), les sculptures de Florence Lemiegre, mystérieuses, poétiques, féeriques entretiennent avec celui qui les regarde un rapport immédiat d’intimité. 

Qu’elles évoquent plus un confus souvenir de cauchemar ou distillent une joyeuse impression de paix et d’équilibre, elles sont, encapsulés dans la terre comme les souvenirs de ces rêves qui parfois tourmentent nos nuits, mais qu’on ne peut se rappeler exactement au matin.

Rêver la Terre autrement… Tenter de rendre visible l’invisible par la matière avec élégance.

Paris, le 9 février 2014

Jacqueline Fallavier, consultante.